1. Trop de typographies
Quatre polices sur une page, c'est quatre voix qui parlent en même temps. Deux suffisent : une pour les titres, une pour le texte. Le reste se joue avec les graisses et les tailles.
2. Des contrastes trop faibles
Un texte gris clair sur fond blanc, une couleur pâle sur une photo : c'est joli sur la maquette, illisible sur un téléphone au soleil. Un contraste suffisant est une question d'accessibilité et de respect du lecteur.
3. Un logo déformé ou mal placé
Étiré pour remplir un espace, collé au bord, posé sur un fond qui le rend invisible. Le logo a une zone de protection et des versions adaptées à chaque situation : c'est le rôle de la charte graphique de les fixer.
4. L'incohérence entre supports
Un site moderne, une plaquette datée, des posts qui changent de style chaque semaine. Chaque support est correct, l'ensemble ne fait pas marque. C'est l'erreur la plus coûteuse, parce qu'elle est invisible de l'intérieur.
Le design graphique, c'est d'abord de la hiérarchie : ce qu'on voit en premier, en deuxième, en troisième.
Soyez honnête, personne ne regarde.
Un test simple : imprimez votre carte de visite, ouvrez votre site sur un téléphone et affichez votre dernier post sur un ordinateur. Posez les trois côte à côte. Si une personne qui ne vous connaît pas ne devine pas qu'il s'agit de la même entreprise, vous avez votre réponse.
5. Tout mettre au même niveau
Quand tout est en gras, rien ne l'est. Une page sans hiérarchie visuelle oblige à tout lire pour comprendre, et personne ne lit tout.
La règle est simple : sur chaque support, une seule information doit dominer, deux ou trois la soutiennent, le reste s'efface. Titre, sous-titre, texte, bouton : quatre niveaux suffisent presque toujours. Si vous hésitez sur ce qui doit ressortir, c'est le message qui n'est pas clair, pas le design.
6. Suivre les tendances plutôt que sa marque
Dégradés flashy, effets à la mode, typographies du moment : dans deux ans, la page datera. Une identité visuelle tient parce qu'elle exprime la marque, pas l'année.
7. Des images sans direction
Photos de banque d'images génériques, cadrages aléatoires, filtres différents à chaque fois. Une direction photo (cadrage, lumière, traitement) fait plus pour la reconnaissance qu'un logo redessiné.
- 01AuditerMettre tous les supports côte à côte : les incohérences sautent aux yeux.
- 02FixerÉcrire les règles manquantes dans la charte graphique.
- 03ReprendreCorriger d'abord les supports les plus vus par vos client·es.
- 04RelireFaire valider chaque nouveau support par un regard extérieur.
La direction photo ne demande pas forcément un shooting coûteux. Elle demande des règles : une lumière plutôt naturelle, des cadrages serrés ou larges, un traitement colorimétrique constant, des sujets qui reviennent. Appliquées même à des images de banque, ces règles créent une signature.
Pourquoi ces erreurs sont invisibles de l'intérieur
On regarde sa propre marque tous les jours. L'œil s'habitue, les défauts disparaissent. C'est le même mécanisme qui fait qu'on ne voit plus la tache sur le mur de son salon. Vos client·es, eux, découvrent vos supports pour la première fois : chaque incohérence leur saute aux yeux.
C'est pour cela qu'un regard extérieur est précieux. Pas forcément pour tout refaire, mais pour pointer ce que vous ne voyez plus et hiérarchiser : ce qui coûte des client·es d'abord, le confort ensuite.
| Erreur | Impact sur la confiance | Effort de correction |
|---|---|---|
| Trop de typographies | Facile : se limiter à deux polices | |
| Contrastes faibles | Facile : vérifier avec un outil de contraste | |
| Logo déformé | Facile : appliquer les règles de la charte | |
| Incohérence entre supports | Difficile : demande une charte appliquée partout | |
| Absence de hiérarchie | Moyenne : repenser chaque support | |
| Suivre les tendances | Moyenne : revenir au positionnement | |
| Images sans direction | Moyenne : poser des règles photo |
Le cas particulier des présentations commerciales
C'est le support où les erreurs se concentrent : polices par défaut, couleurs du logiciel plutôt que celles de la marque, slides surchargées, images étirées. Pourtant, c'est souvent le document décisif, celui qui accompagne la signature. Un gabarit de présentation aux couleurs de la marque, avec trois ou quatre mises en page types, règle le problème pour des années et se prépare en quelques jours.
Même logique pour les documents du quotidien : devis, factures, signatures mail. Ce sont les supports les plus vus par vos client·es. Les aligner sur la charte coûte peu et pèse beaucoup dans l'impression de sérieux.
Comment corriger sans tout refaire
- Auditez vos supports en les mettant côte à côte : les incohérences sautent aux yeux.
- Fixez les règles manquantes dans une charte graphique : typographies, couleurs, usages du logo, traitement des images.
- Reprenez d'abord les supports que vos client·es voient le plus.
- Faites relire vos nouveaux supports par une personne extérieure avant publication.
Questions fréquentes
Comment savoir si mon design graphique fait amateur ?+
Mettez vos supports à côté de ceux de vos concurrent·es les plus sérieux. Si les vôtres paraissent moins nets, moins cohérents ou moins lisibles, il y a un écart à combler.
Puis-je corriger ces erreurs seul·e ?+
Certaines, oui : réduire le nombre de polices, augmenter les contrastes. Pour la cohérence globale, l'accompagnement d'un·e graphiste évite de déplacer le problème.
Faut-il refaire son logo pour régler ces problèmes ?+
Rarement. La plupart des erreurs viennent de l'usage, pas du logo lui-même. Une charte graphique appliquée suffit souvent.